À l’occasion de la Journée mondiale des abeilles, nous sommes allés à la rencontre de Claire Leroy, apicultrice à Mollégès et responsable de La Miellerie des Alpilles. Entre transhumance des ruches, respect des abeilles et production de miels bruts sans transformation, elle perpétue un savoir-faire familial profondément lié au terroir provençal. Un métier de passion, exercé au rythme des saisons et des floraisons.

À la rencontre de Claire Leroy, apicultrice passionnée des Alpilles
Depuis janvier 2016, Claire Leroy a repris l’exploitation familiale de La Miellerie des Alpilles, perpétuant un savoir-faire transmis par son père.
Aujourd’hui, environ 350 ruches vivent au rythme des saisons et des floraisons provençales.
Dans les Alpilles, son miel de garrigue puise ses arômes dans le thym et le romarin, emblématiques du paysage méditerranéen. Mais pour produire d’autres variétés, comme le miel de lavande ou d’acacia, Claire pratique ce que les apiculteurs appellent la “transhumance”.
Les ruches sont déplacées selon les périodes de floraison : sur le plateau d’Albion pour la lavande, ou encore dans la Drôme pour l’acacia. Une véritable migration saisonnière au service des abeilles et de la qualité du miel.
Ces installations se font souvent grâce à des accords simples avec les agriculteurs locaux.
“La plupart du temps, on fonctionne par troc”, explique Claire Leroy.
Un échange de terrain contre quelques pots de miel, dans un esprit de confiance et de proximité.

“On accompagne simplement le processus”
Pour Claire, le rôle de l’apiculteur reste avant tout d’accompagner les abeilles sans perturber leur fonctionnement naturel. Elle évoque notamment l’utilisation de partitions isolées dans les ruches afin d’aider les colonies à mieux gérer certaines variations de température ou périodes sensibles.
Comme beaucoup d’apiculteurs, Claire Leroy constate une fragilisation des pollinisateurs sauvages ces dernières années, liée notamment à l’évolution des pratiques agricoles, au changement climatique et à la raréfaction de certaines ressources florales.
Des équilibres de plus en plus fragiles
Comme beaucoup d’apiculteurs, Claire Leroy observe également plusieurs évolutions préoccupantes ces dernières années.
Parmi elles, la présence du frelon asiatique, devenu un véritable prédateur pour les ruches. Très agressif envers les abeilles, il représente aujourd’hui une difficulté supplémentaire pour de nombreux apiculteurs.
Elle constate aussi des floraisons de plus en plus décalées, liées notamment aux variations climatiques. Certaines plantes fleurissent plus tôt, plus tard… ou parfois moins longtemps qu’auparavant.
Pour les abeilles comme pour les apiculteurs, cela implique une adaptation permanente au rythme de la nature.


Un miel brut, sans chauffe ni transformation
À la miellerie, le miel suit un processus volontairement simple : récolté, extrait… puis directement mis en pot. Aucune chauffe, aucune transformation inutile. Claire revendique un produit vivant, authentique, fidèle à ce que produisent les abeilles. Et lorsqu’on lui demande ce qu’elle pense des miels trop transformés ou standardisés, Claire sourit avant de citer une phrase de son père, dont elle a repris l’exploitation familiale :
“Celui qui n’aime pas le miel comme ça… n’a qu’à manger de la confiture.”
Une formule pleine de caractère, qui résume parfaitement la philosophie de la miellerie : un miel brut, naturel, sans chauffe ni transformation inutile.
Le mot qui résume son métier ? “La passion”
Après plusieurs années passées au contact des abeilles, Claire Leroy n’hésite pas lorsqu’il faut résumer son quotidien.
“La passion.”
Un mot simple, mais qui reflète parfaitement l’engagement nécessaire pour vivre au rythme des ruches, des saisons et de la nature.
Au-delà du miel lui-même, le travail des abeilles reste tout simplement colossal.
Le saviez-vous ?
Une abeille ouvrière produit en moyenne l’équivalent d’une petite cuillère de miel au cours de sa vie. Pour fabriquer un seul kilo de miel, les abeilles doivent visiter plusieurs millions de fleurs.

Derrière un pot de miel, des réalités très différentes
Tous les miels ne sont pas produits de la même manière.
Le travail artisanal présenté par Claire Leroy contraste avec certaines productions industrielles standardisées, où la recherche du volume et du prix bas peut parfois se faire au détriment du goût, de la traçabilité et du respect du produit.
Comment reconnaître un miel de qualité ?
Tous les miels vendus en magasin ne présentent pas le même niveau de qualité ni la même traçabilité. Certains produits industriels à très bas prix sont issus de mélanges de miels provenant de plusieurs pays, parfois indiqués simplement par la mention « mélange de miels originaires et non originaires de l’Union européenne ». Ces miels peuvent être fortement chauffés ou standardisés afin de faciliter leur production et leur conservation, au détriment d’une partie de leurs qualités naturelles et de leur richesse aromatique. À l’inverse, un miel artisanal local met généralement en avant son origine, le nom du producteur et le terroir dont il est issu. Privilégier un apiculteur local, c’est choisir davantage de transparence, soutenir une production respectueuse des abeilles et découvrir un produit authentique, vivant et profondément lié à son environnement.

Le goût et les qualités nutritionnelles des miels industriels
Les miels industriels cherchent généralement à proposer un produit très stable et uniforme, avec une texture fluide et un goût constant toute l’année. Pour cela, ils peuvent être mélangés à partir de différentes origines et subir des traitements destinés à faciliter la production à grande échelle.
Résultat : le goût est souvent plus standardisé et moins complexe qu’un miel artisanal local. Les arômes typiques liés aux fleurs, au terroir ou à la saison sont parfois atténués au profit d’un profil plus neutre et consensuel.
Sur le plan nutritionnel, une chauffe importante ou des transformations industrielles peuvent également réduire une partie des composés naturellement présents dans le miel, comme certaines enzymes, notes aromatiques ou antioxydants. Le produit reste du miel, mais il perd souvent une partie de la richesse et de la singularité que l’on retrouve dans des productions artisanales peu transformées.
C’est pourquoi de nombreux consommateurs se tournent aujourd’hui vers des miels locaux et traçables, à la recherche d’un produit plus authentique, aussi bien en goût qu’en qualité.

Préserver un savoir-faire local
À travers son travail, Claire Leroy perpétue une apiculture profondément liée au rythme des saisons, au respect des abeilles et à la richesse du terroir provençal.
Dans un contexte où les pollinisateurs sont de plus en plus fragilisés, soutenir les producteurs locaux et les miels artisanaux apparaît aussi comme une manière de préserver un savoir-faire vivant et une biodiversité essentielle.
Retrouvez les miels de La Miellerie des Alpilles chez Alpilles Bio.

